Amidon poilu de la vieillesse

Plus on vieillit, plus on considère nos acquis comme des trophées parce qu’on en a sué pour grandir.
Parallèlement à ça, nos neurones nous quittent joyeusement, la résignation s’installe, la vie se propage en dehors de nous.
Nos blessures deviennent des vérités pleines d’amidon poilu

Retour des morts-vivants

retour des morts vivants
Les êtres humains meurent de peur.

La bave aux lèvres dans les supermarchés
Le teint bleuté

Un coeur trop petit pour battre si vite ?

On a beau avoir une belle crinière, on en est pas moins fragiles.

Dans cet hiver nucléaire, tapisser ton cercueil de fleurs et d’oiseaux
Je t’aime et tes doigts se fripent et ta barbe pousse déjà
Déjà me parle de cette baie blanche que j’ai cueillie pour voir le temps s’écouler à travers sa lente décomposition
Tout est ouvert au vent et tout ce qui vole vient se planter dans mon thorax

Cher destinataire inconnu…

Cher destinataire inconnu,

j’ai choisi cette feuille de papier bleu ciel pour vous partager les impressions qui m’habitent ce soir : il me semble que cela vous fera du bien de recevoir cette lettre, ces mots couchés sur le bleu du ciel, car je compatis à vos blessures, celles qu’infligent sournoisement ce que l’on nomme le « monde du travail ».

L’autre lune

Chaque lune nouvelle apporte avec elle la matière, un virage et son torrent de larmes, en ces points de cycles faits d’agrégats de petites morts.
Pas la mort avec un grand « M » non, mais plutôt toutes ces (en)vies interrompues, prémices d’un chemin fantastique. Toutes les vies dont on rêve aussi.

C’est ça le progrès ?


De l’écran qui montrait l’arrivée d’une locomotive en gare de la Ciotat à celui qui se love partout et à toute heure au creux de la main, il y a à peine plus d’un siècle.

On appelle ça le progrès. Autant dire qu’à l’échelle de l’humanité, une miette nous sépare de l’invention de l’image en mouvement.

31 years old


31 ans.
Je commence à peine à me réconcilier sans jugement avec l’adolescente que j’ai été.
Et je pense que c’est une bonne chose : je commence à savoir qui j’étais.
Je commence à accepter mes putains de défauts. Peut être.
A les regarder droit dans les yeux et à avoir de la compassion pour eux.

Etre petit être

 

Etre petit.

Avec toutes les grandes émotions et les grandes découvertes que cela suscite.

Se laisser porter, transporter, passer de bras en bras regarder avec un regard tout neuf le grand monde.
Etre perméable, complètement ouvert.

Parfois avoir faim, froid, chaud, mal aux dents, se sentir tout seul ou au contraire trop sollicité.