Du son à écrire, de l’écriture à écouter ?

ZeusOpah

Ainsi on restitue le réel à travers l’écoute empathique, l’approche poétique, le récit authentique sans prétention d’objectivité vis à vis du monde.
En prenant le micro, le stylo. En écoutant, en écrivant les mots et les sons. De silences en éclats sonores, de rythmes en sonorités,
Radio Okami propose d’accueillir une dimension sensible de l’être et de l’autre en émancipant sa pensée des formats bien huilés observés dans les grands médias… avec comme outils l’écriture et le son, la radio et la création…


Réalisations :
♦ Enregistrements et montage de récits de vie, mémoires familiales, témoignages
♦ Créations sonores pour la radio (documentaire de création), la bande-dessinée, des sujets ou des thèmes particuliers…
♦ Poésie sonore

Formations et ateliers :
Formation sur logiciel libre multipiste (Ardour) de production et traitement sonore, prise de son pour la création ou l’écriture radiophonique
Atelier d’écriture de poésie sonore pour habiller les poèmes écrits avec des sons
Soutien technique et esthétique à la réalisation d’objet sonore (documentaire, fiction sonores…)
Ateliers d’écriture thématiques (poésie ou exploration guidée)

Pour quel public ?
Pour tous et selon les enjeux, le cadre, les besoins et envies :  jeunes,  moins jeunes, éclopés, entiers, à côté, fâchés ou contents, ayant-envie de (re)contacter leur capacités créatrices à travers les mots et/ou les outils du son et de la radio, avec curiosité, gentillesse.

 

Chaque atelier, formation ou rencontre est unique et adapté aux personnes et à leur contexte.
Une prise en charge par l’AFDAS ou tout autre organisme de formation est possible.


Les nouvelles fraîches…

Entretien avec Françoise Héritier

Nous avons voulu rendre hommage à Françoise Héritier, anthropologue et féministe, qui nous a quittés le 15 Novembre 2017, le jour de son anniversaire.
Historienne et géographe de formation, elle a découvert l’anthropologie grâce au séminaire sur la parenté de Claude Levy Strauss, à qui elle succèdera en 1982 au Collège de France. C’est en Afrique où elle partit en mission dès 1957 qu’elle a posé les fondements de sa recherche anthropologique, ouvrant sa réflexion sur le corps et consacrant toute son attention à la différence des sexes, ce qui l’interroge sur la domination masculine comme une construction culturelle et non biologique. Ainsi, ce rapport hiérarchique qu’elle a nommé « la valence différentielle des sexes », se retrouve dans toutes les cultures et à toutes les époques justifiant la mise en place de sociétés inégalitaires.

Françoise Héritier a été aussi une intellectuelle engagée dans la cité. Elle fut, de 1989 à 1994, la première femme Présidente du Conseil National du Sida, où elle lutta contre l’ostracisme qui frappait les séropositifs dans les prisons. Elle a été membre du Conseil Consultatif National d’Ethique, et elle s’est investie dans les grands débats de notre société : la contraception où elle a reconnu qu’elle est pour les femmes une révolution essentielle, la parité, la prostitution, le mariage homosexuel, les procréations médicalement assistées, les violences sexuelles jusqu’à l’affaire Weinstein où elle s’est félicitée de la prise de parole des femmes du monde entier pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles de leurs agresseurs.
Jusqu’à la fin de sa vie, Françoise Héritier a tracé une route hors norme, par sa pensée et ses écrits. Loin de ses ouvrages savants, elle nous a surpris par ses récits « Le sel de la vie » et« Au gré des jours » où elle évoque ses souvenirs, et les petits riens de l’existence, qui sont aussi des supports à l’élaboration de sa vie.
Ecoutons-la dans un entretien qu’elle nous a accordé en 2012.

Un entretien réalisé par Catherine Wolff, un montage et des lectures par Catherine Wolff et Eve Grimbert. Prise de son : Patrick Frederich

A l’époque des paquebots…

arton3714

Les anciens hôpitaux de Saint Hilaire du Touvet sont en train de disparaître du paysage, image improbable d’un trou dans l’environnement familier. Avec eux disparaissent une certaine conception du soin, inscrite dans un cadre naturel et une architecture surprenants. C’est aussi l’histoire de Saint Hilaire du Touvet et du Plateau des petites roches qui entre dans l’invisible : un territoire à la fois paysan, ouvrier et médical avec un héritage social, culturel et intellectuel singulier. Pendant que les bulldozers détruisent ce qu’il reste des bâtiments, continuons à penser collectivement le sens de cette histoire, pour ne pas la laisser disparaître en silence durant les travaux de démolition, pour retenir ce qu’elle nous raconte encore à l’oreille, pour nourrir les expériences à venir sur ce site qui reste hospitalier …

Bonne écoute et à très bientôt.
Eve & Adèle.

Episode 1 :
Un documentaire sonore est né en 2016, réalisé par Julien Vadet
avec Bruno Jourdan, petit-fils de Félix Jourdan, initiateur de la construction des sanas, et Guy Raibon, petit-fils de Justine Vial, paysanne ayant revendu ses terres pour la construction des bâtiments…

Episode 2 :
Avec Jean-Pierre Gaye, architecte, étudiant au sanatorium dans les années 50 pour soigner « sa caverne »… Jean-Pierre nous raconte combien cet épisode long de 3 ans alors qu’il était tout jeune adulte, a joué un rôle dans la personne qu’il est devenu…

Episode 3 :
Deux témoignages d’habitants du plateau des Petites Roches dans une même émission toute en pianos :
– Florence Drouin, dont l’arrière grand-père, Félix Jourdan, a été à l’origine de l’idée des sanatoriums à St Hilaire du Touvet.
– Jean-Philippe Isoletta, pianiste, ayant pu faire sonner le célèbre piano des établissements : La Grande Demoiselle.

Episode 4 :
Une grande partie de la vie de Pierre Martin, 85 ans, s’est articulée autour des établissements hospitaliers de Saint-Hilaire du Touvet : d’abord patient, puis kinésithérapeute sur les 3 établissements, également habitant impliqué dans la vie du village…
Ecoutons cette mémoire d’ allers et retours entre expérience collective et vécu personnel, nous livrer ses multiples récits…

Episode 5 :
Soin, Empathie et Musique, avec Alain Lafuente et Jean-Pierre Sarzier, musiciens et improvisateurs…
Au détour d’une matinée de septembre passée à faire sonner couloirs, tubes, gravats, cuves et tuyaux, salle de bain éventrée et piscine noyée dans le bleu du ciel et l’humidité ruisselante des plafonds de jonc gorgés de pluie, Alain Lafuente et Jean-Pierre Sarzier nous ont partagé quelques vécus sensibles sur les établissements.

Episode 6 :
Le soin, le temps d’apprendre…
Ou comment Mohamed Boukatem, arrivé sur le territoire Français en 1963, famélique et analphabète, a eu l’opportunité, par son séjour au sanatorium, d’apprendre le français…

Episode 7 :
Les origines de Chantal, la rencontre presque improbable de ses parents, son parcours de vie ensuite… ont été très imprégnés par l’existence des établissements sur le plateau des petites roches, où elle a passé sa vie, façonnée dans le quotidien et le souffle des hôpitaux…

Episode 8 :
Dans son parcours infirmier au milieu des nuages, Monique nous offre un beau panorama de cette époque encore préservée d’une pratique médicale cloisonnée et protocolaire…Quittant les établissement après y avoir œuvré jusqu’au départ inéluctable de son équipe, elle décrit avec détails les raisons de refus de partir…

Episode 9 :
C’est la fin du mois d’août 2017, et Yannick, infirmier et danseur, déambule dans des gravats et des couloirs autour de la piscine du CMUDD (centre médical universitaire Daniel Douady). Accompagné des circonvolutions du vent, il partage au micro sa pensée à propos des corps empêchés et ceux des soignants qui les accompagnent dans leur rééducation et leur réadaptation.

Episode 10 :
Revoici Guy Raibon intarissable, mémoire abondante, pour narrer encore cette enfance qui fut la sienne, animée par l’histoire familiale avec Charles son père, et l’histoire des établissements avec entre autre l’un de ses directeurs, M. Dumenge, forte personnalité en son temps résistant contre l’oppression allemande…

Episode 11 :
Colette Nivelon est née en Algérie en 1938. Dans le cadre d’un programme d’alphabétisation, elle ira à la rencontre du sanatorium de St-Hilaire du Touvet, avant de rejoindre l’école du village…A l’âge de la retraite, et alors que Colette n’habite plus Saint-Hilaire, elle deviendra maire du village. Nous sommes en 1995 et jusqu’en 2001, elle se trouvera confrontée aux préambules de la disparition des établissements…

Episode 12 :
Originaire du Jura, Victor vit sur le plateau des petites roches, non loin des établissements aujourd’hui rasés, avec lesquels il partage une histoire pour le moins déterminante… Quand accident rime avec enseignements…

Episode 13 :
Arrivée à dos de parapente sur le plateau des Petites Roches, Patricia décide d’y venir s’établir et de travailler aux établissements en tant que kinésithérapeute…

Episode 14 :
Julien Douady est le petit-fils de Daniel, premier directeur du CMUDD qui porte son nom. Malgré un lien au départ distant avec cette partie de la famille, Julien se retrouve finalement poussé par la vie, à fréquenter les établissements dont son grand-père fut l’un des initiateurs…

Episode 15 :
Changeant de peau, Roberto découvre que son costume 3 pièces ne lui va plus… Tout là-haut, il aime les jolis cliquetis du cinéma Paradiso… l’humanité résiliente et multiple… cet îlot perdu dans les Alpes… la vidéo, le jonglage, les gens…  «  On vit pas à St Hilaire par hasard… » .

Episode 16 :
Philippe Grandvoinnet ouvre une perspective au-delà du plateau des petites roches, à propos de l’histoire et de l’architecture sanatoriales en France…

Episode 17 :
Cette émission propose 5 témoignages d’habitants ou anciens habitants qui se succèdent les uns après les autres. 5 témoignages, dont le premier d’entre eux est double puisque voilà Nathalie et Bastien, mère et fils… Une nouvelle voix, plusieurs dizaines d’années en arrière, voici Hervé Arbod qui se présente… Voici Lydie, cadre de santé, qui donne une teinte toute autre au mouvement migratoire du haut vers le bas. Et enfin voici Alain qui au contraire fait monter du sous-sol, la nourriture dans les étages…


Auditrices et auditeurs curieux, habitants de la vallée, des plateaux et d’ailleurs…

Mardi 16 octobre 2018 à 20h30 démarre notre série d’émissions sur les ondes de Radio Grésivaudan
(89 et 87.8 FM) ,  A l’époque des paquebots

Deux fois par mois, vous pourrez y écouter des portraits sonores, des témoignages très divers et personnels à propos d’expériences et de vécus particuliers en lien avec la vie des établissements hospitaliers de Saint-Hilaire du Touvet, aujourd’hui en cours de démolition…

Auditrices, auditeurs, voici les rendez-vous prévus :
16 et 30 octobre / 13 et 27 novembre / 4 et 18 décembre / 15 et 29 janvier / 12 et 26 février / 12 et 26 mars / 16 et 30 avril / 14 et 28 mai / 11 et 25 juin

Merci à toutes les personnes qui ont accepté de témoigner et merci à celles qui s’apprêtent à le faire pour compléter les nombreux récits qui composent aujourd’hui la mémoire sonore et un patrimoine vivant de ce lieu !
Pour toute question, suggestion, témoignage, n’hésitez pas à nous écrire :
Eve Grimbert : radiookami@gmail.com
Adeline Raibon (Adèle) : contact@les-sana.net

La Voix des Gens à la maison des habitants Chorier Berriat : de la radio en atelier socio-linguistique

Automne 2017, missionnée par la web-radio La Voix des Gens et accompagnée de mon micro, j’ai animé plusieurs ateliers radiophoniques, notamment avec le groupe d’apprenants du français d’Agnès Roche, à la maison des habitants Chorier-Berriat de Grenoble…
Voici une « capsule », un condensé sonore de ce que le groupe d’Agnès a pu vivre dans le cadre de ces ateliers, reflet de rencontres, découvertes, travail d’écriture et expression spontanée…

Vous pouvez également écouter le plateau radio réalisé en décembre dans les studios de l’Artisterie (Fontaine) avec plusieurs invités et d’autres ateliers socio-linguistiques (MDH Abbaye-Jouhaux et l’association AMAL), sur le site internet de La Voix des Gens…

Découvrez également l’ensemble des productions réalisées au coeur des différents ateliers menés durant l’automne 2017 :

A nous la parole

 

A l’Instant Même, le disque !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
Crédit : Emmanuelle Brunot

Jeudi et Vendredi, sont ces deux jours d’un mois de juin deux-mille dix-sept, où les improvisations musicales du duo
A l’Instant Même ont été enregistrées maison, avec 4 mains, 2 bouches et 6 oreilles (dont deux sont les miennes).
C’est aussi le petit nom que Simon Drouin et Jean-Louis Séchet ont choisi pour appeler ce disque, saisissant l’Instant de leurs échanges musicaux improvisés : chaque morceau improvisé une fois, aura été pris sur l’instant, croqué tout cru par les micros… Quelque avant goût ici

 

Echo sonore au choeur du Passe Montagne, opéra polyphonique pour 3 Sana

(totalité des échos : 19 minutes)
Crédit images : Sébastien Minot &  Bruno Lavit

sana passe montagnes 002

A l’époque de la tuberculose, les sana étaient une « bulle » d’effervescence intellectuelle, réunissant des penseurs et artistes de tous bords, faisant en sorte que le monde gravite autour des malades. Par la suite, piscine, salle de spectacle, cinéma, école, ont mêlé deux univers : celui des patients, corps « empêchés » et celui des villageois, en bonne santé.
Au fil des saisons, ces couloirs, ces chambres, ces escaliers, se sont chargé d’histoires de vie, de partage… Les soignants ont œuvré pour améliorer le sort des malades. Rencontres, émotions fortes, changements de trajectoires…

En 2008 les établissements hospitaliers furent désertés pour des bâtiments neufs installés en plaine, autour de Grenoble. Quel choix pour les patients et les équipes soignantes ? De quoi ces établissements sont ils témoins ? Quel souvenir reste t-il de leur existence et comment accompagner leur délabrement, leur démolition imminente?

De nombreuses personnes que je rencontre dans la vallée du Grésivaudan peuvent raconter un épisode de leur vie en lien avec ces lieux. Qu’ils y soient allés pour rendre visite à un proche hospitalisé, qu’ils y aient été musicien, kiné, infirmier, patient, qu’ils vivent aujourd’hui au quatre coins de la France ou qu’ils aient choisi de rester sur place après y avoir rencontré l’amour…. Tous ont quelque chose de particulier à conter, se souvenir, évoquer et revivre par la parole..

20180128_132854

Ces échos sonores mêlent entretiens, témoignages et enregistrements de bruits et musiques à l’intérieur des établissements en friche. Ils sont une mise en abîme du travail de création musicale de l’opéra Passe Montagne, imaginé comme un accompagnement à leur disparition.

DSC_8939- Copyright Bruno Lavit 12