L’ étrange sonore…

Etrange

L’étrange sonore est le fruit d’une inspiration : celle de la bédé L’ Etrange de Jérôme Ruillier publiée en mars 2016 chez les éditions l’Agrume.
L’Etrange est heureusement là pour parler de destins mais relater quelques faits tristement réels, retracer l’itinéraire croisé d’humains autour d’un point commun :
celle de l’invisibilité des migrants et de leur famille,

Chrysalide

Je fais un bras de fer pour m’en sortir.
Je commence à peine à apprécier les beaux jours qui éveillent les sens
en moi et j’écoute bien les voix alentours.

Je ne deviens pas plus une fille qu’une fourmi devient papillon.

Et voilà qu’il y a des gens dans ma vie. Voilà qu’il y a des gens,

A l’aube

Je déverse mes sensations grises sur papier pendant que mon âme se réchauffe.

Un peu comme un bras ou une jambe écrasée qui reviennent à eux avec des picotements un peu partout.

Deux fils

Moi qui aime être tenue par deux fils d’araignée fins, fragiles mais solides.
Ephémères et sensibles aux vibrations, on pourrait peut être se demander où les accrocher ?

Je, tu, nous sommes infiniment grands et petits à la fois. Dans tes bras le temps s’étire.
Dans ces moments, je pourrai planter tout pour toi.

traces d’âmes

Il existe sûrement encore quelques traces d’amidon dans nos âmes.
Musculatures véreuses
Trompettes de la renommée
Grâce à la culpabilité, on défavorise les armes pour s’offrir un bon casse croûte.

Retour des morts-vivants

retour des morts vivants
Les êtres humains meurent de peur.

La bave aux lèvres dans les supermarchés
Le teint bleuté

Un coeur trop petit pour battre si vite ?

Mord et hurle

Parfois mon coeur éreinté se répand comme une guimauve un soir d’été sur feu de camp scout.
Ce qui n’est pas beau à voir.
Je ne suis pas toujours prête pour la vie.
Suis une bête étrange.
Suis une bête en cage.
Une grosse bestiole qui écrase parfois les autres par maladresse.

La perpendicularité des masses

Nous ne sommes jamais des héros. Nous ne sommes jamais des victimes. Nous sommes des bipèdes complexes.
Parce que je trouve la vie rouge, je tenterai de mettre en exergue la perpendicularité des masses proportionnellement à l’angle droit de mon fémur.

On a beau avoir une belle crinière, on en est pas moins fragiles.

Dans cet hiver nucléaire, tapisser ton cercueil de fleurs et d’oiseaux
Je t’aime et tes doigts se fripent et ta barbe pousse déjà
Déjà me parle de cette baie blanche que j’ai cueillie pour voir le temps s’écouler à travers sa lente décomposition
Tout est ouvert au vent et tout ce qui vole vient se planter dans mon thorax

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