Turgescences et cascades

Partagé avec toi quelques volutes de nudité crue

Nos doigts levant nos voiles de désirs carapatés

Nos langues buvant les réjouissances d’amour

Il fut un temps pour ça,

Les turgescences et les cascades

Un jour la loyauté me trahissait

Je n’ai plus su me sentir autrement

qu’écorchée

lacérée

morcelée

Refuge perdu derrière l’implosion

Et comme on a qu’un corps, on a qu’un cœur aussi,

Ils peuvent aimer plusieurs fois

Ils sont le sens des choses

Ils savent se déchaîner

ils peuvent ce que peuvent les corps et les cœurs

parfois, avec intensité, ferveur

Ils peuvent des tempêtes et peuvent se souvenir

et revenir

te savourer

un jour

une nuit

demain

ou dans 100 ans

J’aimerai pouvoir te dire « viens », sans me briser.

L’abondance sans fond

des individualités

Là où chacun crie

Où d’aucun ne désempli

Ne dégonfle

J’ai seulement envie de me taire

Alors, pourquoi écrire ?

On dira qu’on écrit pour bâtir la pensée

Poser les mots comme les pierres d’un édifice

Avec du mortier autour

Les uns les hôtes d’eux mêmes

Je sais qu’il faudrait se coucher

Et je trouve aussi que ce lit te rend vulnérable

Il n’y a pas d’épouse

Il y a une fille-Narcisse

Quelqu’un d’obscur

Mon ventre me l’a dit

Je suis à ce taux là, de troubles

Dans cette vase interne que je ne sais pas pétrir

Dont je ne connais rien

et que j’observe continuellement

Seule, et dans ma tête

Comment en sortir ?